Home | BAC/Teze | Biblioteca | Jobs | Referate | Horoscop | Muzica | Dex | Games | Barbie

 

Search!

     

 

Index | Forum | E-mail

   

INVATA O LIMBA STRAINA! - O campanie a studentilor de la limbi straine - aceasta pagina va ofera resurse pentru studiul limbilor straine si in acelasi timp va prezinta oportunitati de mobilitate si informatii utile...

 

 
 
 
 
 + Click:  Grupuri | Newsletter | Portal | Referate online | Forum discutii | Premii de excelenta | Europa





 

 

 

 

engleza

resurse pentru studiul limbii engleze, exercitii de gramatica, eseuri, studii si comentarii...

franceza

teste gramaticale, articole despre Franta si despre stilul de viata al francezilor, resurse utile pentru studiu...

germana

lectii pentru incepatori, sute de articole de specialitate, analize complexe, recenzii si eseuri scrise de profesori...

 

ANALELE UNIVERSITATII BUCURESTI

Anul 2003

Anul 2004

Anul 2005

ANALELE UNIVERSITATII BUCURESTI
 
 

LIMBI ªI LITERATURI STRÃINE

2 0 0 3

 

COLLOQUE: LE BICENTENAIRE DE VICTOR HUGO

 

LA RÉCEPTION DE L' ŒUVRE DE VICTOR HUGO DANS

LA PRESSE ROUMAINE DE L'ENTRE-DEUX-GUERRES

 

ILEANA  MIHÃILÃ

La figure hautement symbolique de Victor Hugo, chef de file du mouvement romantique dans sa jeunesse, patriarche incontestable des lettres françaises dans la seconde moitié du siècle, rayonna de bonne heure sur l'esprit public en Roumanie et sur les lettres roumaines. Les études de N. I. Apostolescu[1], de Pompiliu Eliade[2] et de Charles Drouhet[3], à la fin du XIXe et dans le premier quart du XXe siècle, de Paul Cornea[4] et  d'Angela Ion[5] surtout, dans sa seconde moitié, ont  bien prouvé l'impact remarcable des grandes innovations hugoliennes à l'époque de formation de la littérature roumaine moderne. Dès 1836, quand le poète n'avait pourtant que 34 ans, ses vers commencent à paraître en traduction dans les revues littéraires roumaines, dans un rythme qui, sans être très rapide, reste néanmoins ininterrompu pendant plus de cent ans. L'intérêt des traducteurs roumains passe de la poésie au théâtre et finalement aux grands romans hugoliens, mais la lecture de ses œuvres en original est fondamentale pour le lecteur roumain du XIXe siècle et même de la première moitié du XXe.

Mais, à l'exception des recherches d'Angela Ion, les autres études citées s'arrêtent à l'orée du XXe siècle, sinon même auparavant, à la fin de l'époque romantique. Le XXe, à son tour, dans cette présentation synthétique, donne l'impression d'une diminution de l'intérêt de la culture roumaine pour l'œuvre hugolienne dans sa première moitié (compensée, il est vrai, par une impressionante liste de traductions parues après la guerre).

Il est vrai que la remarcable Bibliographie de la presse roumaine n'est  complète que jusqu'à 1866[6]; dans la nouvelle formule, qui limite la sphère de l'investigation à la réception des littératures étrangères (traductions et commentaires) dans les journaux et revues roumains, elle n'était publiée à l'époque de ses recherches que pour les années 1866-1918[7]; ce n'est qu'à présent que la période de l'entre-deux-guerres soit couverte par la continuation de cette bibliographie de la presse roumaine[8], instrument de travail indispensable pour toute recherche sérieuse concernant les interférances culturelles entre l'espace roumain et la littérature universelle. La réception de la littérature française occupera, dans cette bibliographie, les volumes 4, 5, 6 et 7, à cause justement de l'abondance du matériel trouvé par l'équipe des chercheurs de l'Institut "G. Cãlinescu" pendant plus de 10 ans de travail dans la Bibliothèque de l'Académie roumaine sur plus de 700 titres de journaux et revues. Les articles et les études consacrées à la personnalité et à l'œuvre de Victor Hugo se trouvent dans le quatrième volume, dans la section consacrée au Romantisme, mais surtout dans le cinquième volume, qui paraîtra en 2003, où sont placés, en ordre alphabétique, les écrivains de G à Z, et qui aura aussi l'Index des noms  pour les tomes 4 et 5; les traductions de la littérature française parues dans la presse roumaine entre 1919 et 1945 feront l'objet des volumes 6 et 7 et tout porte à croire que les références aux textes hugoliens se retrouveront dans le 6e tome.

Pour la période qui nous intéresse ici, les études d'Angela Ion ne mentionnent que deux traductions, celle de Notre-Dame de Paris, publiée par George A. Dumitrescu en 1919-1920, et Hernani, due à George Lecca, parue en 1930, dans le Dictionnaire des écrivains français, et carément rien dans Présence du romantisme français dans la littérature roumaine. Et pourtant...

En 1919, une importante revue de Craiova, Ramuri, fait place à une ample étude signée par Al. A. Busuioceanu, sur l'actualité du manifeste poétique hugolien, tel qu'il est présenté dans La Fonction du poète, placé, en 1839, en tête du volume Les Rayons et les Ombres, intitulée justement Un manifest poetic. La parution des postumes hugoliennes, annoncée et réalisée partiellement par par Gustave Simon en 1921-1925 dans des articles publiés en France dans Revue de Paris, Revue hebdomadaire, Revue mondiale et Annales fait couler beaucoup d'encre sur les bords de la Dâmboviþa:  cinq articles, surtout dans les revues Dimineaþa et Rampa, une attention toute particulière étant consacrée au volume publié par G. Simon en 1923, qui comprend les procès-verbaux des séances de spiritisme réalisées par Hugo à Jersey, dans la revue Dreptatea de Chiºinãu, dont l'article Spiritismul si critica, signé par M. D. Siret, reproduit d'amples citations en traduction. La publication, dans Le Monde Nouveau, par Clément Janin, de la correspondance inédite entre V. Hugo et Jules Janin, en 1921, fait immédiatement l'objet d'un article dans Rampa. De même, les lettres envoyées par Al. Dumas-fils et par Jules de Goncourt à Hugo, qui viennent d'être publiés par Gustave Simon en 1923, dans Revue Mondiale.

Mais le grand «moment Hugo» de l'époque est la représentation, au début de 1922, au Théâtre National de Bucarest, de Ruy Blas, dans la traduction en vers de Dumitru Ollãnescu-Ascanio, réalisée en 1878, et qui sera utilisée pendant plus de trente ans. Dix articles seront consacrés par la presse roumaine à ce spectacle, entre 1922 et 1926, dont quelques-uns écrits par Felix Aderca (qui insiste sur le décalage entre la pièce et la sensibilité du spectateur moderne, dans Sburãtorul literar) et par Ion Marin Sadoveanu (qui l'analyse dans le cadre de l'esthétique romantique, dans Revista vremii politice). Le dramaturge assez médiocre, mais de grand succès à cette époque, A. de Herz, publiciste fécond, s'arrête à maintes reprises sur la création hugolienne dans ses articles: une présentation de Ruy Blas à l'occasion du spectacle, annalisé dans la perspective du programme exposé par Hugo dans la préface de Cromwell, mais aussi en ce qui concerne l'influence exercée sur la littérature roumaine, en 1922, dans le journal Dimineaþa; dans le grand quotidien Adevãrul, il s'arrête, quelques mois plus tard, sur Les Misérables,  presenté comme «une bible du socialisme» et «un roman des romans», «une description de toutes les souffrances», et en insistant sur «l'aventure» de sa première édition. S'il ne fait pas toujours «la une», la biographie de Hugo suscite encore assez d'intérêt en 1923 pour qu'un article dédié à son mariage trouve sa place dans la revue Lumea Ilustratã de 5 mars 1923. La même année, en juin, le quotidien bucarestoix Presa, sous le titre Sfârºitul stagiunii pariziene, en présentant les dernières premières à Paris, annonce la découverte d'une pièce, inconnue jusque là, de Victor Hugo: Les Deux trouvailles de Gallus! En 1924, une autre revue de Bucarest, Þara de Jos, publie un article de N. M. Vasiliu, O scrisoare a lui Victor Hugo cãtre un democrat român refugiat la Francfort, qui reproduit une lettre inédite de l'écrivain français, adressée à un publiciste roumain de l'époque, Grigore Gãnescu, professeur d'histoire, au début, au Collège St. Sava, à Bucarest, qu'il quitte pour s'établir à Paris; là, il devient rédacteur du Courrier de dimanche mais il se lance dans une campagne contre Napoléon III. Emprisonné, puis expulsé, il s'établit à Francfort, où il crée, avec un autre publiciste roumain, J. Al. Florescu, le journal Europe, qui sera vite supprimé par la censure. C'est à ce sujet que V. Hugo lui avait écrit, car il avait apprécié leur publication, lui-même en exile à l'époque.

En 1925, la revue Rampa publie des commentaires autour du volume de Pierre Paraf, Quarante ans après, qui contient des anecdotes de V. Hugo, mais aussi «quelques poèmes inédits du cycles des Contemplations». Même ses relations avec les acteurs et actrices qui avaient interprété des roles dans ses pièces (Rachel, Frederick, Lemaître, Talma) sont un bon sujet pour un article publié par la même revue quelques mois plus tard.

La très importante revue de l'époque, Adevãrul Literar ºi Artistic, sous la signature de George Baiculescu, informe ses lecteurs sur un article récemment paru dans la revue française Les Marges, no. 133, dû à Denis Saurat et consacré «à la personnalité plus humaine que littéraire» de Hugo. D'autant plus que, toujours en 1925, il est prévu de représenter Cromwell à la Comédie Française, comme nous annonce le journal Dimineaþa, en citant Gustave Simon et son interview paru dans les Annales. Par ailleurs, en 1926, le Théâtre National de Cluj met, lui aussi, en scène Ruy Blas, fait mentionné aussi bien par la revue bucarestoise Clipa que par la revue Cosânzeana de Cluj (article signé par Teofil Bugnariu). Même la découverte d'un exemplaire des Contemplations annoté par Hugo vaut une mention dans la presse roumaine! (Rampa, 1926). Le prosateur assez connu Romulus Dianu (sous le pseudonime voltairien de Micromegas), dans la même revue, nous annonce qu'en France, l'écrivain était célébré en 1926; et George Murnu précise, quelques jours plus tard, dans Viaþa literarã, qu'il s'agit de la création, à Sorbonne, d'une chair spéciale, consacrée à l'étude de l'œuvre de Victor Hugo; cette information a pour source un article d'Albert Thibaudet, publié dans la Nouvelle Revue Française et résumé quelques jours plus tard dans Viaþa Româneascã. Sous un titre quelque peu bizarre, en 1926: Hugo ºi centenarul sãu, le même Romulus Dianu (mais cette fois-ci, en son propre nom) change de ton et considère que le poète, pour l'époque actuelle, «est devenu banal, lacrimogène et médiocre». Opinion qui sera reprise par une bonne partie de la critique, dorénavant, sans  que la vision consacrée cesse un instant d'être présente dans la presse! La preuve apparaît dans Adevãrul Literar ºi Artistic qui, quelques mois plus tard, présente l'article de Maurice Levaillant, Victor Hugo et la Tristesse d'Olympio (paru dans la Revue des Deux Mondes) sous le titre Victor Hugo ºi sublima elegie! (La deuxième partie de l'article de Levaillant sera résume le mois suivant, sous le titre « Tristesse d'Olympio » et « Poezia nouã »). Par ailleurs, en 1928, Romulus Dianu reviendra à Hugo, il est vrai, à cause du livre La vie glorieuse de Victor Hugo de Raymond Escholier, pour parler de Juliette Drouet (qui intéresse aussi A. de Herz à la même époque) et surtout des rapports entre Madame Hugo et Sainte-Beuve; une année plus tard, il présente en détail l'ouvrage de Louis Barthon au même sujet, Les Amours d'un poète. Et un article d'André Bellesort, en 1929, sur l'actualité de Hugo, attire son attention, car il le présente sous le titre Victor Hugo actual (publié toujours dans Rampa).

Dès 1921, la presse roumaine annonçait la fête du centenaire du Romantisme; mais à partir de 1927, lors du centenaire de Cromwell, le titre est pratiquement omniprésent; Centenarul Romantismului (sept articles au moins avec ce même non), Veacul Romantismului, Victor Hugo ºi Romantismul, Comemorãrile Romantismului, Iluzia romanticã, Teatrul romantic, Romantismul francez… et ainsi de suite, jusqu'à l'anniversaire du centenaire de la bataille d'Hernani. Bien sûr, nos auteurs continuent à résumer les contributions françaises: un article de Paul Souday, en 1927 (Victor Hugo filosof), Gaston Picard (Ce gândesc despre Victor Hugo unii scriitori din zilele noastre), Louis Guimbaud (Victor Hugo îndragostit), Florent Fers (Victor Hugo ºi Romantismul)... à mon tour, «j'en passe, et des meilleurs»!

Quelques commentaires plus originaux nos offre I. C. Bistriþanu, dans son article Victor Hugo ºi... Vlad Dracul, publié dans la revue Semenicul, de Lugoj, en 1928, sur le poème Sultan Mourad, de La Légende des Siècles, où nous est présentée une compétition en... cruauté, entre les deux personnages; l'auteur nous donne même une traduction en roumain du fragment en question. A. de Herz évoque, en 1928, dans un article en Adevãrul, sous le titre Victor Hugo ºi românii, les souvenirs d'Elena Vãcãrescu, qui l'avait rencontré deux fois.

La traduction des Travailleurs de la mer, en 1929, une très bonne traduction, selon la présentation, due à Ion Pas, est mentionnée par la gazette Lupta et, en 1932, par Dimineaþa.

À 22 ans, le poète Dan Botta s'intéresse, dans son article publié dans Rampa, au cénacle de la rue Notre-Dame-des-Champs (În 1829, salonul lui Victor Hugo); et même le centenaire de Marion Delorme ou celui de Notre-Dame de Paris, en 1931, s'ajoutent à celui, autrement important, d'Hernani, pour la presse roumaine. Non seulement Al. A. Philippide et Jacques Byck lui consacre des articles (le premier, en Viaþa Româneascã (Reflexii cu prilejul unui centenar) et en Adevãrul Literar ºi Artistic, Bãtãlia în jurul lui Hernani; Hernani ºi izvoarele sale – le second, d'après l'étude de Henri Glaesner) en 1930 mais, tout comme pour Cromwell, bien des gazettes fêtent à leur tour l'événement (Propilee Literare, Vremea, Rampa, România literarã).

Finalement, chacun trouve son compte: Ion Th. Florescu s'intéresse à Victor Hugo om politic (dans Omul Liber), A. de Herz, dans la même revue, est reproduit avec son article de 1922 sur Les Misérables, et un certain A. présente, dans Adevãrul Literar ºi Artistic, le volume de Claudius Grillet sur «Victor Hugo spiritist». Universul nous annonce, en 1932, que le président Herriot a visité la maison de Hugo à Guernesey; Epoca et Patria, en 1933, sont préoccupées... par Juliette Drouet. Au moins, à la même époque, Þara Noastrã s'occupe, à la suite d'un article de Marc Blanchard, des sources du drame Marie Tudor, et Rampa, des raisons pour lesquelles Hugo n'a plus terminé les Jumeaux (d'après les informations fournies par Paul Berret, dans Mercure de France). Le romancier Petru Manoliu (sous le pseudonime Erasm) critique, dans la revue Credinþa, en 1934, le livre de Georges Batault, Le Pontife de la démagogie: Victor Hugo. (L'article sera repris, deux ans plus tard, dans la même revue). Le même livre suscite d'autres réactions, comme celle de E. Boroianu, un an plus tard, dans la revue Þara Noastrã, où paraîtra, la même année, à la une, un article d'Octav ªuluþiu, Victor Hugo dupã 50 de ani de la moarte, remarcablement bien écrit. Cette même revue publie, toujours en 1935, un autre article polémique, à la défense de Victor Hugo, signé par Bucur Þincu, Comemorarea lui Victor Hugo.

Quant à Petru Manoliu, il s'intéressera à la traduction roumaine de  Notre-Dame de Paris, considéré un roman pour l'adolescence, car «seule l'adolescence accepte inconditionnément le romantisme», avant de conclure, pour la revue Cinci lei, Victor Hugo. 22 mai 1885. Cincizeci de ani de uitare!

Le demi-centenaire de la mort de Victor Hugo, en 1935, cause effectivement une nouvelle série d'articles, partiellement reproduits d'après la presse française, mais aussi des points de vue plus originaux – par exemple une analyse d'Anton Holban des Burgraves, parue dans Vremea sous le titre Victor Hugo. Comme l'article en question présentait un point de vue critique, quelques jours plus tard, Rampa publie une prise de position à ce sujet, Împotriva lui Hugo, à la une. Mais, quelques mois plus tard, et dans la même revue, Anton Holban continue dans la même voie, par l'article Cincizeci de ani de la moartea lui Victor Hugo, où il juge les vers du «Patriarche des lettres françaises» faciles, et donne comme exemple le poème Booz endormi.

L'ouvrage de Dénis Saurat, La Religion de Victor Hugo, est présenté par Izabela Sadoveanu en Adevãrul Literar ºi Artistic (1935). Même les souvenirs du célèbre photographe Nadar concernant Hugo sont traduites, dans la revue Patria!

Le professeur Nicoale I. Popa résume, pour les lecteurs de la gazette Lumea, la conférence de Pierre Andrieu, professeur à l'Institut français de Bucarest, à l'occasion de la commémoration de V. Hugo, en la complétant par ses propres opinions, sous la forme d'un portrait littéraire. Il signe aussi un article sur le même sujet dans la revue Atheneum. D'autres articles sont publiés à la même occasion par Dan Smântânescu (Miºcarea), George I. Ghidu (Epoca), Ion Aurel Manolescu (Vestul, de Timiºoara), Lucian Voiculescu (Naþiunea Românã) et même par la revue de Constanþa, România dela Mare. Mihai Anastasiu, dans un article intitulé simplement Victor Hugo (ªantier social literar) s'occupe surtout de l'actualité des Misérables (publié déjà à cette date en roumain, en quatre volumes, par  Ion Pas, un des traducteur en titre de la littérature française des Editions "Cugetarea", de P. C. Georgescu-Delafras).

Un article de fond, à la une, rédige pour Rampa par Mihail Sebastian, sous le titre Afacerea Victor Hugo, toujours en 1935, autour des débats provoqués en France par la commémoration de la mort de l'écrivain, dit carrément: «L'esprit critique n'avait rien à faire dans ce champ lyrique fécond, où les mauvaises herbes et les plantes fines poussaient pêle-mêle, sans choix, sans contrôle, insouciamment, avec cet effort gigantesque des grands créateurs de vie ou d'histoire».

Mais peut-être la contribution la plus significative reste la série d'articles d'Eugen Ionescu, parus dans Ideea Româneascã, extrémement iconoclastes et terriblement bien informés, qui méritent bien une analyse séparée.

L'an 1935 est vraiment riche; je me bornerai à mentionner, des autres dix ou douze articles parus dans la seconde moitié de l'année, la présentation de la conférence donnée à cette occasion par le grand poète Ion Pillat, aux Fondations Dallès, sous le titre Poezia liricã a lui Victor Hugo, résumée dans deux des plus grands quotidiens de l'époque, Adevãrul et Universul, et la reprise du spectacle Ruy Blas au Théâtre National, qui provoque un grand nombre d'articles dans la presse, dont celui signée par Claudia Millian, dans Cuvântul Liber, et qui paraîtront jusqu'en 1938.

L'article de fond de Ion Petrovici, Comemorarea lui Victor Hugo, publié d'abord en Rampa, a été ensuite reproduit, en 1936, par  deux autres revues, Þara Noastrã et Revista Cursurilor ºi Conferinþelor (qui publiera aussi, en avril 1936, le texte integral de la conférence de Ion Pillat et de celle donnée par le professeur George Marinescu, Romanul lui Victor Hugo, le 9 décembre 1935). Quelques jours plus tard, pour la clôture de l'année commémorative V. Hugo, Rampa publie, le jour de Noël, l'article d'Emanoil Bucuþa, La serbãrile poeziei, sur les festivités organisées à Bruxelles en honneur du grand poète français.

Une nouvelle traduction de Notre-Dame de Paris, sous le titre Cocoºatul de la Notre-Dame, réalisée par Sorin B. Rareº, est signalée dans la revue Þara Bârsei, en 1936, et par une note de lecture, en 1938, dans Lumea Româneascã. Le quotidien Curentul resume amplement la conférence donnée, en 1937, à Turda, par D. Popovici, sous le titre Idealul politic al lui Victor Hugo ºi românii, concernant l'influence exercée par Hugo sur les idées politiques des quarante-huitards roumains, notamment sur Eliade-Rãdulescu et sur Locusteanu.

Même les relations de Victor Hugo avec la culture arménienne font l'objet d'une étude, publiée par Arsag Ciobanian en 1936 dans la revue Ani (Victor Hugo ºi Armenii).

La parution de biographie hugolienne de Léon Daudet est immédiatement signalée par Octav ªuluþiu, dans Vremea, au début de 1938.

Enfin, en 1938, Tudor Vianu publie, dans la prestigieuse revue Viaþa Româneascã, son étude O problemã religioasã a lui Victor Hugo, qui met en relief la «posture de visionnaire» du poète, qui «indique à l'humanité des cibles qui dépassent la vie, destinées à éliminer son inquiétude éternelle».

En ce qui concerne les traductions parues dans la presse, quelques quarante-cinq poésies ont été publiées, la plupart faisant partie des volumes  Les Voix  intérieures, Les Orientales, Les Contemplations, Toute la Lyre. Quelques-unes sont des réproductions (du XIXe siècle, y compris une réalisée par Mihai Eminescu, Când tu dormi linã, purã...), mais beaucoup sont contemporaines. À elles s'ajoutent quelques fragments en prose, des Carnets intimes de l'écrivain, des discours politiques ou des jugements littéraires, enfin, des fragments tirés des garnds romans hugoliens (par exemple, une page des Misérables). Il ne nous reste qu'à conclure que Victor Hugo est toujours, à cette époque qui n'est plus la sienne, une présence dans les pages des journaux roumains – et dans la culture roumaine, dans son ensemble, avec sa production de livres, ses spectacles de théâtre, ses conférences publiques.

Ce qu'il faut remarquer, dans toute cette énumération – qui est bien loin d'être exhaustive – et au delà des titres et des noms, est, d'abord, la vitesse avec laquelle passent les informations culturelles, même de moindre importance, de l'espace français dans la presse roumaine de grand tirage; à quel point la culture roumaine était raccordée à la culture occidentale, notamment à la culture française, sans toutefois rester dans une dépendance absolue par rapport à ses modèles; et combien ces journaux et ces journalistes roumains de l'entre-deux-guerres vivaient dans un continuum temps-espace avec cette grande littérature française qu'ils aimaient et qu'ils connaissaient, qu'ils lisaient, étudiaient et rêvaient; et dont Victor Hugo  fut non seulement un «écho sonore», mais un écho qui ne cessa point de retentir, pendant cette fabuleuse entre-deux-guerre, ni du Danube jusqu'à la Seine, ni des Carpathes aux Pyrénées.    


 

[1]N. I. APOSTOLESCU, L'Influence des romantiques français sur la poésie roumaine, Paris, H. Champion, 1909.

[2]POMPILIU ELIADE, Histoire de l'esprit public en Roumanie au dix-neuvième siècle, Paris, t. 1, 1905, t. 2, 1914.

[3]CHARLES DROUHET, Studii de literaturã românã ºi comparatã, Bucureºti, Editura Eminescu, 1983, notamment l'étude Influenþa francezã în poeziile lui  Alecsandri ºi Modelele franceze ale teatrului lui Alecsandri, pp. 75-279.

[4]PAUL CORNEA, De la Alecsandrescu la Eminescu, Bucureºti, Editura pentru Literaturã, 1966, l'étude Traduceri ºi traducãtori în prima jumãtate a secolului al XIX-lea, pp. 38-77.

[5]L'article Hugo, Victor,  dans le dictionnaire Scriitori francezi, Bucureºti, Editura ªtiinþificã ºi Enciclopedicã, 1978, notamment la liste des traductions roumaines, p. 140 et l'étude Présence du romantisme français dans la littérature roumaine (dans Histoire de la littérature française, t. 3, publié sous la direction de ANGELA ION, Bucarest, T.U.B., 1981, pp. 139-148), reproduit dans La Littérature française dans l'espace culturel roumain, Bucureºti. T.U.B., 1984.

[6]IOAN LUPU, NESTOR CAMARIANO, OVIDIU PAPADIMA, Bibliografia analiticã a periodicelor româneºti, Bucureºti, Editura Academiei, 1966-1972, 6 tomes. L'ouvrage rassemble, dans sa première partie,  les informations tirées de la presse parue depuis 1790 jusqu'en 1851, le deuxième s'occupant de la période entre 1851-1859.

[7]LUMINIÞA BEIU-PALADE, ANA-MARIA BREZULEANU, CATRINEL PLEªU, MICHAELA ªCHIOPU, CORNELIA ªTEFÃNESCU et ILEANA VERZEA, Bibliografia literaturii române cu literaturile strãine în periodice. 1859-1918, sous la coordination de IOAN LUPU et CORNELIA ªTEFÃNESCU, Bucureºti, Editura Academiei, t. 1, 1980, t. 2, 1982, t. 3, 1985.

[8]ANA-MARIA BREZULEANU, ILEANA MIHÃILÃ, VIORICA NIªCOV, MICHAELA ªCHIOPU, CORNELIA ªTEFÃNESCU, Bibliografia relaþiilor literaturii române cu literaturile strãine în periodice (1919-1944), t. 1, 1997, t. 2, 1999, t. 3, 2000, vol. 4, 2002, Bucureºti, Editura Saeculum I.O.

 

spaniola

resurse pentru studiul limbii engleze, exercitii de gramatica, eseuri, studii si comentarii...

slovaca

informatii complete despre structura gramaticala a limbii, informatii despre cultura si folclorul slovac...

studii europene

invata sa devii un specialist european - Romania are nevoie de tine si e important sa apreciezi valrile europene...

studii americane

cultura americana cu valorile ei, concepte inedite, forme de expresie si de atitudine in noua ordine mondiala...

o facultate?

facultatea de limbi si literaturi straine poate fi raspunsul pe care il cauti - o echipa talentata de profesori iti arata calea...

mobilitate

pentru ca esti tanar, trebuie sa profiti de ocaziile pe care le ai - aici descoperi informatii despre burse si mobilitati...

 

PARTENERI: www.limbi-straine.ro | www.american-studies.ro | www.ggr.ro | www.work-travel.ro | www.asls.ro

ScoalaOnline | Invata o limba straina!

 

Home | BAC/Teze | Biblioteca | Referate | Games | Horoscop | Muzica | Versuri | Limbi straine | DEX

Modele CV | Wallpaper | Download gratuit | JOB & CARIERA | Harti | Bancuri si perle | Jocuri Barbie

Iluzii optice | Romana | Geografie | Chimie | Biologie | Engleza | Psihologie | Economie | Istorie | Chat

 

Joburi Studenti JOB-Studenti.ro

Oportunitati si locuri de munca pentru studenti si tineri profesionisti - afla cele mai noi oferte de job!

Online StudentOnlineStudent.ro

Viata in campus: stiri, burse, cazari, cluburi, baluri ale bobocilor - afla totul despre viata in studentie!

Cariere si modele CVStudentCV.ro

Dezvoltare personala pentru tineri - investeste in tine si invata ponturi pentru succesul tau in cariera!

 

 > Contribuie la proiect - Trimite un articol scris de tine

Gazduit de eXtrem computers | Project Manager: Bogdan Gavrila (C)  

 

Toate Drepturile Rezervate - ScoalaOnline Romania