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LIMBI ªI LITERATURI STRÃINE

2 0 0 6

 

L’ARGUMENT DÉONTIQUE ET L’ANAPHORE VERBALE « SOUMISSIVE »

DANS LA CONSTRUCTION CAUSATIVE

SABINA POPÂRLAN

 

1. Considérations préliminaires

E. Eggs (1994) fait correspondre aux genres rhétoriques d’Aristote – le «délibératif», le «judiciaire» et l’«épidictique», chacun se fondant sur les actes de parole respectifs: <conseiller / déconseiller>, <défendre / accuser> et <louer / blâmer>, les trois types d’arguments: déontique, épistémique et éthico-esthétique.

Tenant compte du fait que le schéma praxéologique du genre délibératif, récupéré par l’argument déontique, se fonde sur l’acte d’un locuteur de conseiller ou de déconseiller son auditeur sur une certaine action à venir et en faisant recours au modèle argumentatif d’O. Ducrot et J.-Cl. Anscombre (1983) qui considèrent que tout discours argumentatif s’établit entre deux énoncés E1 et E2, dont le premier (l’argument) autorise ou impose l’autre (la conclusion), nous avons reconnu un rapport déontique similaire dans le cas de l’anaphore verbale «soumissive».

2. L’antécédent déontique et l’anaphore verbale «soumissive»

L’anaphore verbale «soumissive» représente la seconde articulation de la construction causative (L.Theban, 1980)[1]. Celle-ci comprend un acte directif (l’argument déontique) par lequel le causateur enjoint verbalement à l’exécutant d’accomplir l’action, et l’intervention réactive converse (la conclusion factuelle) par laquelle l’agent subordonné promet d’accomplir / annonce l’accomplissement de la rêquete respective ou procède directement à son exécution.

Dans cette structure bimembre, nous interprétons le premier segment déclencheur comme étant l’antécédent  de l’anaphore verbale «soumissive», Text Box: 2
rendue par l’expression de l’exécution. L’intervention instigative[2] de l’agent initial représente ainsi la cause responsable de son effet: l’exécution de l’action.

Le conséquent anaphorique, méronyme factuel de l’antécédent causatif, peut être exprimé par diverses expressions: le verbe du comportement soumissif exécutif «faire», le sens de ce lexème étant à distinguer ici de ses autres fonctions: celle d’auxiliant causatif (exemple: faire composer quelque chose à quelqu’un) ou bien de son rôle de substitut phrastique); le lexème illocutoire «promettre» (marqueur canonique de l’acte promissif, acte que nous intégrons dans la classe plus étendue des soumissifs, souvent coverbaux, cf. «se résigner à», «accepter de») en emploi autonome, complémenté en surface ou non; le même verbe en position de coverbe régissant un verbe d’exécution («faire», «accomplir»); le morphème soumissif prototypique, en emploi absolu – «obéir».

2.1. L’anaphore soumissive rendue par le verbe «faire», méronyme exécutif de l’argument déontico-volitif déclencheur

Dans le contexte[3]:

(1)   Cela fait, il commanda à l’une de ses dames de lui ceindre l’épée, ce qu’elle fit avec beaucoup de grâce et de retenue. (Don Quichotte, vol. I, p. 67)

CiÉlÉÉ MüU cÉÑMülÉå Måü oÉÉS ExÉlÉå LMü uÉåvrÉÉ MüÉå AÉSåvÉ ÌSrÉÉ ÌMü uÉWû uÉÏU rÉÉå®É MüÐ MüqÉU Måü cÉÉUÉåÇ AÉåU iÉsÉuÉÉU MüÉå bÉÑqÉÉ Så. ExÉlÉå oÉÄQûÏ AÉxjÉÉ Måü xÉÉjÉ rÉWû MüÉqÉ ÌMürÉÉ

Itnā kar cukne ke bād usne ek ve¶yā ko āde¶ diyā ki vah vīr yoddhā kī kamar ke cāro aur talvār ko ghumā de. Usne barī āsthā ke sāth yah kām kiyā. (p. 26)

Acestea fiind împlinite, dete poruncã uneia dintre cele douã femei sã-l încingã pe don Quijote cu spada, ceea ce ea îndeplini cu multã dibãcie ºi înþelepciune. (vol. I, p. 55) l’occurrence fit représente le méronyme anaphorique ou l’effet (résultat et exécution) de l’antécédent verbal instigatif commanda de lui ceindre. Le lexème soumissif «faire» est précédé d’un complément d’objet direct pronominal ce, à valeur résomptive.

Text Box: 3

En hindi, au déclencheur anaphorique commanda du français, correspond une expression verbale āde¶ diyā «il donna l’ordre», dans laquelle on reconnaît le verbe support «denā» («donner»), au perfectif neutre, la forme analogue au passé simple français ou roumain. Le prédicat anaphorique yah kām kiyā – «il fit cette action» – comprend, comme en français, le noyau verbal kiyā complémenté d’un nom déterminé par un adjectif pronominal démonstratif yah kām – «cette action». 

En roumain, la situation est similaire à celle du hindi pour ce qui est de l’antécédent: dete poruncã sã-l încingã pe don Quijote cu spada, tandis que le segment anaphorisant est plus proche de la séquence française ceea ce… îndeplini. On remarque, en outre, dans la structure de ce prédicat méronymique, le fait que, aux hétéronymes parfaits du hindi et du français – «faire» – «karnā», correspond, en roumain, un verbe du même champ sémantique «a îndeplini» («accomplir»).

Il est à observer aussi qu’au niveau temporel, le  coverbe directif, de même que le conséquent anaphorique, sont exprimés par des passés simples anaphorisants, en roumain et en français, et par leur équivalent, le perfectif neutre ou indéfini (temps identique à l’aspect perfectif) en hindi. Le phénomène anaphorique renouvelle ainsi sa condition de convergence entre les réalisations temporelle et illocutoire soumissive.

La dimension méronymique de l’anaphore «soumissive» exploite l’idée d’effet aussi bien dans un sens résultatif que dans celui d’accomplissement de l’action déclenchée par l’antécédent déontico-volitif, en récupérant alors son étymologie (< effectus, participe passé du verbe latin «efficere» – «réaliser», «exécuter», signifiant donc «ce qui est fait / accompli», ou en tant que nom masculin, «accomplissement»). L’anaphore «soumissive», ingrédient exécutif de l’acte intimatif, représente le méronyme de l’antécédent causatif qui inclut, de manière souvent explicite, l’acte factitif conséquent.

2.2. «Promettre», le marqueur illocutoire canonique des actes promissifs, en emploi autonome dans l’anaphore «soumissive» de la construction causative

Le verbe «promettre» peut remplir, en tant que lexème indépendant, non-auxiliant, la fonction d’anaphore méronymique associée à un antécédent directif:

(1)   Camille ne put faire autre chose que prier Léonella de ne rien révéler de son aventure à celui qu’elle disait être son amant. (…) Léonella le lui promit bien; mais elle tint parole de manière à confirmer Camille dans la crainte que, par elle, sa réputation ne se perdît. (Don Quichotte, vol. I, p. 339)

Text Box: 4

MæüÍqÉsÉÉ lÉå SåZÉÉ ÌMü ExÉMüÐ pÉÔsÉ MüÉ mÉËUqÉÉeÉïlÉ lÉWûÏÇ WÒûAÉ, CxÉÍsÉL ExÉlÉå MüWûÉ - «AmÉlÉå mÉëåqÉÏ xÉå qÉåUå mÉëhÉrÉ-mÉëxÉÇaÉ MüÐ cÉcÉÉï lÉ MüUlÉÉ» (...). ÍsÉrÉÉålÉåsÉÉ lÉå ExÉMüÐ AÉ¥ÉÉ Måü AlÉÑxÉÉU cÉsÉlÉå MüÉ uÉcÉlÉ ÌSrÉÉ; sÉåÌMülÉ ExÉlÉå CxÉ iÉUWû ExÉå eÉÉUÏ UZÉÉ ÌMü MæüqÉsÉÉ MüÉå xÉSÉ CxÉ oÉÉiÉ MüÉ pÉrÉ oÉlÉÉ UWûiÉÉ jÉÉ ÌMü MüWûÏÇ ExÉMüÐ oÉåÄTüMÔüÄTüÏ xÉå CxÉMüÐ mÉëÌiÉ¸É MüÉ sÉÉåmÉ lÉ WûÉå eÉÉrÉ

Kaimilā ne dekhā ki uskī bhūl kā parimārjan nahī huā, islie usne kahā «Apne premī se mere pranay – prasag kī carcā na karnā» (…). Liyonelā ne uskī ājnā ke anusār calne kā vacan diyā; lekin usne is tarah use jārī rakhā ki Kaimilā ko sadā is bāt kā bhay banā rahtā thā ki kahī uskī bevkūfī se iskī pratisthā kā lop na ho jāy. (p. 299)

Camila nu putu face altceva decât s-o roage pe Leonela sã nu vorbeascã nimic despre ea cu cel de care spunea cã-i e iubit (…). Leonela rãspunse cã va face cum îi spunea, dar îºi þinu cuvântul în aºa fel, încât spori ºi mai mult temerile Camilei, care se îngrozea la gândul cã-ºi va pierde prin ea bunul nume. (vol. II, p. 126)

Dans l’exemple français, l’anaphore soumissive est exprimée par le verbe «promettre» précédé d’un pronom complément à valeur résumative «le» dans la séquence le lui promit bien. En hindi et en roumain, les prédicats anaphoriques reprennent, dans leur structure, l’antécédent directif. Ainsi, rencontre-t-on en hindi, la séquence anaphorique: Liyonelā ne uskī ājnā ke anusār calne kā vacan diyā «Léonella lui promit de procéder en suivant son commandement». Ce segment phrastique représente, comme on peut observer, l’extension propositionnelle du prédicat «vacan denā» – litt. «donner  (i.e. «faire») la promesse».

Le syntagme anaphorique roumain est similaire à celui du hindi: Leonela rãspunse cã va face cum îi spunea, «Léonella lui dit qu’elle ferait comme elle lui disait / demandait». On remarque, cependant, au niveau syntaxique, une structure hypotactique, dans laquelle le régissant rãspunse n’est que superficiellement assertif, représentant, en profondeur, un lexème d’engagement promissif. Il subordonne en outre une structure dont le centre soumissif est rendu par le verbe «a face» («faire»). Le complément de celui-ci est, à son tour, extensionnel, exprimé par la subordonnée cum îi spunea, dans laquelle le verbe «a spune» («dire») est le synonyme directif de l’antécédent déclencheur «a ruga» (cf. en français prier et en hindi kahā «dit» à valeur exhortative).

Si les expressions des anaphores soumissives orientent littéralement vers l’exécution du projet déontique, les séquences qui les suivent suggèrent une exécution contraire aux requêtes initiales. Ce changement de direction dans l’accomplissement de l’action est introduit par le connecteur argumentatif mais (dar en roumain, lekin, en hindi) à valeur anti-implicative. L’effet positif attendu est ainsi dévié et remplacé par un résultat opposé, correspondant à une réaction soumissive discordante par rapport à l’acte directif performé, qui n’est pas en soi affecté par cette divergence.   

Text Box: 5

2.3. L’argument causatif indirect «tel était son bon plaisir», déclencheur de la structure anaphorique  résultative «promettre de faire»

Soit le contexte:

(1) Anselme répliqua que tel était son bon plaisir et qu’elle n’avait rien de mieux à faire que de courber la tête et d’obéir, ce que Camille promit de faire, bien que malgré son gré. (Don Quichotte, vol. I, p. 331)

AlÉxÉåsÉqÉÉå - «qÉÑfÉ xÉå oÉWxÉ lÉ MüUMåü qÉåUÏ AÉ¥ÉÉ MüÉå qÉÉlÉlÉÉ iÉÑqWûÉUÉ MüiÉïurÉ Wæ». CxÉMåü E¨ÉU qÉåÇ ExÉlÉå MüWûÉ ÌMü AmÉlÉÏ CcNûÉ Måü ÌuÉ® pÉÏ qÉæÇ CxÉå xuÉÏMüÉU MüUiÉÏ WÕûÇ.

Anselmo – «Mujh se bahas na karke merī ājnā ko mānanā tumhārā kartavya hai». Iske uttar me usne kahā ki apnī icchā ke viruddh bhī maiise svīkār kartī hū. (p. 291)

Anselmo îi rãspunse cã asta era voinþa lui ºi cã ea n-avea altceva de fãcut decât sã plece capul ºi sã se supunã. Fãgãdui Camila sã facã aºa cum îi cerea, cu toate cã era împotriva voinþei sale. (vol. II, p. 113)

Dans cet exemple, l’exécution de l’action promotrice est présentée comme allant se consommer malgré la volonté de l’exécutant. Les prédicats anaphoriques indiquent l’effet (attendu) de l’antécédent déclencheur anaphorique. Ainsi, en français, remarque-t-on la séquence méronymique ce que… promit de faire, le noyau verbal ayant une structure  pluriverbale, dans laquelle «promettre» joue le rôle d’un auxiliant auprès du lexème factitif «faire», qu’il régit par l’intermédiaire de la préposition «de».

Au coverbe «promettre» correspond, en roumain, l’auxiliaire «a fãgãdui» qui régit, dans la séquence anaphorique, une structure de subordination: fãgãdui… sã facã aºa cum îi cerea, dans laquelle la conjonction «sã» introduit un prédicat biverbal, sous-tendu par deux propositions subordonnées: sã facã aºa et cum îi cerea, la seconde reprennant, de manière apparemment redondante, l’antécédent asta era voinþa lui, lui aussi représentant une extension prédicative.

En hindi, le méronyme de l’exécution est monovalent svīkār kartī hū, «j’accepte cela».

Les antécédents déclencheurs anaphoriques sont phrastiques en français et en hindi aussi: tel était son bon plaisir et merī ājnā ko mānanā tumhārā kartavya hai «ton devoir est celui d’obéir à mon ordre».  

Text Box: 6

2.4. L’argument déontique «prier» et l’anaphore soumissive rendue par le lexème «obéir» en emploi absolu

Tout comme le verbe «faire», le méronyme factitif déclenché par la prédication directive antécédente ou le verbe «promettre» en emploi autonome ou auxiliant, «obéir» peut remplir lui aussi, en tant que co-verbe ou lexème plein, le rôle d’anaphore méronymique soumissive.  

Dans le contexte suivant:

(1) Là-dessus prenant son âne par le licou, il pria son maître de le suivre, lequel obéit, voyant que Sancho avait la raison de son côté. (Don Quichotte, vol. I, p. 178)   

CiÉlÉÉ MüWûMüU ExÉlÉå AmÉlÉå aÉkÉå MüÉå UåÇaÉÉ ÌSrÉÉ. ExÉMåü qÉÉÍsÉMü lÉå pÉÏ ExÉMüÐ oÉÉiÉ MüÉå EÍcÉiÉ xÉqÉfÉMüU ÌoÉlÉÉ E¨ÉU ÌSL ExÉMüÉ AlÉÑxÉUhÉ ÌMürÉÉ

Itnā kahkar usne apne gadhe ko regā diyā. Uske mālik ne bhī uskī bāt ko ucit samajhkar binā uttar die uskā anusaran kiyā. (p. 133)

 

ªi, mânându-ºi mãgarul înainte, îºi rugã stãpânul sã-l urmeze, iar acesta, pãrându-i-se cã avea dreptate Sancho, fãrã sã mai caute a-i rãspunde ceva, îl urmã. (vol. I, p. 238) l’antécédent instigatif rendu par l’expression française il pria son maître de le suivre implique le méronyme d’accomplissement obéit. En roumain, l’antécédent a une structure similaire à celle antérieure îºi rugã stãpânul sã-l urmeze, au coverbe «prier + «de» + infinitif» correspondant l’auxiliant analogue « a ruga» dont le régime requiert la suite du mode subjonctif introduit par la conjonction «sã», tandis que l’anaphore «soumissive» reprend fidèlement le segment factuel du syntagme directif îl urmã.

En hindi, l’antécédent anaphorisé est plutôt implicité dans la séquence uske mālik ne bhī uskī bāt ko ucit samajhkar qui signifie «son maître considérant son propos juste», la prédication causative (dans laquelle Sancho joue le rôle de l’agent instigatif) étant sous-jacente. Le conséquent verbal exécutif est exprimé par le tour uskā anusaran kiyā, «fit selon sa prière», dans lequel on reconnaît le verbe «karnā», «faire», au perfectif neutre, kiyā.

Au niveau temporel, l’anaphore soumissive est doublée de l’emploi anaphorique du passé simple. Aussi observe-t-on qu’en roumain et en français, les deux expressions du couple anaphorique se trouvent au temps mentionné, tandis qu’en hindi seul le conséquent est au perfectif neutre, l’antécédent étant exprimé par un gérondif.

Text Box: 7

Conclusions

Dans cet article, nous avons essayé d’interpréter les deux segments de l’anaphore verbale «soumissive» – l’antécédent (déclencheur directif) et le conséquent exécutif – en tant que argument déontico-volitif et, respectivement, conclusion factuelle. L’argument déontique impose et justifie ainsi, en tant qu’effet, l’anaphore «soumissive» dont la dimension méronymique est à comprendre dans plusieurs sens: résultatif, d’accomplissement d’une requête  (cas où elle récupère sa signification étymologique) et partitif, le méronyme d’accomplissement, conséquent de l’acte initial causatif, d’habitude exprimé par une unité lexicale autonome, étant parfois rendu de manière explicite et fidèle en surface, cf. la variante roumaine de l’exemple commenté au sous-chapitre 2.4.

 

ARGUMENTUL DEINTIC SI ANALIZA VERBALA « SUBMISIVA »

ÎN CONSTRUCTIA CAUZATIVA

Rezumat

 Pornind de la echivalarea genului retoric deliberativ introdus de Aristotel prin argumentul deontic descris de E. Eggs (1994) si de la modelul teoretic al lui O. Ducrot si  J.-Cl. Anscombre (1983) conform caruia într-un discurs argumentativ minimal un enunt E1 (argumentul, premisa) impune si justifica aparitia enuntului E2 (concluzia), am recunoscut un raport deontic similar în cazul anaforei verbale «submisive». Aceasta corespunde articulatiei secundare a constructiei cauzative (în conceptia lui L. Theban, 1980), în care primul segment indica un act directiv prin care cauzatorul instiga agentul subordonat lui la efectuarea actiunii. Segmentul anaforic reprezinta meronimul implicit (sau lexicalizat) al antecedentului verbal în cazul unor nuclee predicative de tipul: «a promite», «a asculta», «a face» sau explicit ca în exemplul românesc din subcapitolul 2.4. în care anafora [îl] urma reia lexemul factitiv din antecedentul declansator îsi ruga stapânul sa-l urmeze, anafora verbala (pe care o denumim) «submisiva» demonstrând astfel trei caracteristici: f a c t i t i v a (de executie a actului directiv), r e z u l t a t i v a (indicând, în acelasi timp, efectul evenimentului initial) si  m e r o n i m i c a (lexicalizând autonom sau reluând fidel, ca în contextul mentionat, ingredientul actional din expresia anaforizata).

 

BIBLIOGRAPHIE

ANSCOMBRE, JEAN-CLAUDE, DUCROT, OSWALD (1983), L’argumentation dans la langue, Pierre Mardaga, éditeur, Collection «Philosophie et langage», Bruxelles.

BLANCHÉ, ROBERT (1996), Introduction à la logique contemporaine, Armand Colin, Paris.

CORNISH, FRANCIS (1999), Anaphora, Discourse and Understanding. Evidence from English and French, Clarendon Press, Oxford.

Text Box: 8

EGGS, EKKEHARD (1994), Grammaire du discours argumentatif. Le topique, le générique, le figuré, Éditions Kimé, Paris, pp. 51-62.

KLEIBER, GEORGES (1996), «Anaphores associatives méronymiques: définition et propriétés», in Lexikalische Analyse romanischer Sprachen, Max Niemeyer Verlag, Tübingen.

THEBAN, LAURENÞIU (2005), «Catégories, relations et fonctions dans une théorie linguistique de l’interaction», in Revue Roumaine de Linguistique, tome L, nos 3-4, pp. 213-243.

THEBAN, MARIA, THEBAN, LAURENÞIU-IOAN (2005), «Sémantique et syntaxe du verbe faire en français, roumain, latin et portugais (I)», in Revue Roumaine de Linguistique, tome L, no 1-2, pp. 57-71.

TUÞESCU, MARIANA (2005), L’Argumentation. Introduction à l’étude du discours, deuxième édition revue, EUB.

SOURCE DES EXEMPLES

CERVANTES, L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, Garnier – Flammarion, traduction de Louis Viardot, Paris, 1969.

CERVANTES, Dān Kvigjot, traduction en hindi par Chhavinath Pandey, de l’Académie de Littérature, Sahitya Akademi, Delhi, 1983.

CERVANTES, Don Quijote, traduction en roumain par Ion Frunzetti et Edgar Papu, Editura pentru Literaturã, Bucureºti, 1969.

 

[1]   L’auteur conçoit la causation comme un «faire» discursif par lequel l’agent initial (le causateur) enjoint verbalement à l’actant immédiatement subordonné (l’agent médian ou l’exécutant) d’accomplir l’action. L. Theban distingue ce «faire» instigatif d’un autre «faire» pratique propre à l’exécutant et correspondant à l’accomplissement de l’action en question (qui devient chez nous l’anaphore «soumissive»).

[2]   Cette intervention instigative antécédente se retrouvera, dans notre analyse, alternativement, sous diverses dénominations: directive, causative, intimative, représentant toutes des caractérisations quasi-synonymes.

[3]   Nous proposons, dans ce qui suit, une analyse comparative, à visée typologique, des diverses configurations de l’anaphore verbale «soumissive» en français, hindi et roumain. Notre démarche s’appuiera sur des exemples trilingues tirés de l’ouvrage L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche.

 

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