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ANALELE UNIVERSITATII BUCURESTI

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ANALELE UNIVERSITATII BUCURESTI
 
 

LIMBI ªI LITERATURI STRÃINE

2 0 0 6

LES NOMS DE LOCALISATION INTERNE,

NLI ET LA RELATION  PARTIE-TOUT

IULIANA PAªTIN*

 

Le noyau lexical du syntagme nominal peut être un nom, mais il peut également être constitué par toutes sortes d’autres mots.

 « Toutes les descriptions sémantiques des syntagmes nominaux utilisent à un moment ou à un autre les notions de partie et de tout dans l’analyse des déterminants » (G. Kleiber, 2001 : 47).

Depuis un certain  nombre d’années, l’étude des relations partie-tout fait l’objet de travaux relativement nombreux et diversifiés dans des domaines voisins ou apparentés : sémantique lexicale, psychologie cognitive, intelligence artificielle, etc.

En linguistique, on peut citer les études concernant les syntagmes nominaux de G. Kleiber (1999), d’Andrée Borillo (1996), de Nelly Flaux et Danièle Van de Velde (2000), de Brenda Laca, Georges Kleiber et Liliane Tasmowski (2001), de M. Aurnague (1996), de C. Vandeloise (1998) etc.

Les grands types de relations que nous retiendrons de ces nombreux travaux de recherche sur les syntagmes nominaux et sur les notions partie-tout seront :

1. La relation composante fonctionnelle/entité[1] : roue/voiture ; tasse/anse ; porte/armoire.

2. La relation membre/collection : arbre/forêt ; mouton/troupeau ; musicien/ orchestre, etc.

3.  La relation matière/objet concret : carton/ boîte ; chocolat/gâteau ; or/bague, etc.

4. La relation portion/masse : tranche/gâteau ; flocon/neige ; litre/vin, etc.

5. La relation zone topologique/objet physique : bout/table ; haut/armoire, etc.

La relation à laquelle nous nous intéressons est la dernière, donc la relation : zone topologique/objet physique qui réunit à la fois les notions de « partition » et de « localisation spatiale ».

Nous privilégions cette relation puisqu’elle fait appel à la notion d’espace et de lieu, mais par ailleurs, certaines de ses propriétés de sens et de construction la rapprochent assez nettement de la première relation « composante fonctionnelle/entité ».

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Les noms désignant des zones topologiques, découpés sur un objet, appelés aussi NLI, (noms de localisation interne) comportent des traits différents selon la mise en perspective choisie pour effectuer ce découpage. Les Noms de localisation  interne du français sont utilisés pour se référer à diverses parties d’une entité spatiale.

Les NLI réfèrent à des parties d’objets qui ne peuvent pas  avoir d’existence en dehors de l’objet auquel elles doivent leur configuration et leur disposition spatiale. « Ces noms et ces adjectifs participent d’une manière déterminante à la localisation relative des objets et des lieux dans l’espace » (A. Borillo, 1998 :68). Ces parties ne peuvent donc pas en être détachées sans perdre leur spécificité. Il est difficile de reconnaître un « bord » ou un « milieu » en l’absence de l’objet concerné. Les diverses zones spatiales qui peuvent être découpées sur un objet[2] sont généralement désignées par un  ensemble assez large de noms ou de syntagmes nominaux qui sont nécessairement des noms de  relation.

Par conséquent, on appelle NLI ou ALI, noms et adjectifs de localisation interne, une certaine catégorie de noms et d’adjectifs qui ont pour fonction de désigner dans la configuration  d’un objet ou d’un lieu, certaines zones plus ou moins bien délimitées, repérables par des traits particuliers  de dimension, d’orientation, de position relative ou de forme. Ces noms et ces adjectifs participent d’une manière déterminante à la localisation relative des objets et des lieux dans l’espace. La définition des zones selon lesquelles un lieu ou un objet peut être découpé, se fait donc selon un certain nombre de facteurs, dont on doit tenir compte :

– les données dimensionnelles de l’objet (longueur, largeur),

– la projection dans l’espace de l’objet ou du lieu envisagé sur l’axe vertical ou horizontal,

– les propriétés fonctionnelles (entrée/sortie, devant/derrière),

– l’orientation terrestre (nord/sud).

Toutes ces oppositions sont amplement utilisées en langue surtout par C. Vandeloise pour l’expression de la localisation d’une cible par rapport à un site. Pour la relation spatiale exprimée dans ce cas nous reprenons les termes généralement utilisés : « cible » pour l’entité à localiser et « site »  pour l’entité servant de repère spatial, représentée par le nom à l’intérieur du complément de lieu (C. Vandeloise, 1988).

La construction [Ncible VPrep Nsite] dans les phrases suivantes est la manière la plus naturelle d’exprimer en français une relation de localisation : Il y a de la neige au sommet des montagnes ; La lettre est rangée dans le tiroir du bureau.

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Étant donné le caractère approximatif des relations spatiales exprimées à travers les prépositions et les verbes, il est souvent nécessaire d’apporter une précision à une localisation considérée trop vague. Cette précision, on peut l’apporter en ajoutant à la désignation du site par rapport auquel s’établit la localisation, la mention de la zone plus particulièrement concernée par cette relation, renforcée par des (NLI) ou par des adjectifs (ALI) :

« Le sifflement strident faisait un écho au fond du vieux théâtre en ruines ». « On l’a enfermé à l’intérieur  des hauts murs de l’école » (Le Clézio, Orlamonde, 1982 : 210 ).

Il y a un grand nombre de NLI, environ une centaine et plus d’une cinquantaine d’adjectifs. Cette richesse des NLI recouvre des zones très diverses et caractérise les particularités que l’objet peut avoir en termes de surface, de volume, de dimension, d’orientation (verticale, horizontale, latérale) ou de morphologie (cercle, figure concave etc.)

La désignation d’une zone exprimée par un NLI fait intervenir un ou plusieurs de ces traits, avec la règle d’un usage plus ou moins spécialisé. Ainsi, le terme « bord » ou « bordure » comporte le trait de « limite », sans évocation particulière d’un type d’entité, alors que « lisière », incluant le même trait   dans sa définition fait référence à un lieu tel que « bois », « forêt », « champ » (ou à un objet tel que : « pièce », « morceau », « partie »).

Du point de vue syntaxique, les NLI sont mis en relation avec le nom désignant l’objet ou le lieu auquel ils se rapportent, à la manière d’un nom désignant une partie, c’est-à-dire sous la forme [NLI de N].

La forme syntaxique la plus courante qui marque  la fonction de nom de relation est la construction génitive de type : Det N1 de Det N2 où N1 = N objet, comme dans les exemples : le haut du mur ; le pied de l’arbre ; l’avant de la voiture ; le bord de la table.

Qu’il s’agisse  d’un N comp (Nom de composante fonctionnelle) ou d’un NLI, les déterminants de N1 peuvent être définis ou indéfinis si l’objet est susceptible d’avoir un ou plusieurs composants ou zones de localisation de la même dénomination : des racines de l’arbre ; les flancs de la montagne etc.

En ce qui concerne la détermination de Nobjet dans SN2, les choses sont différentes. Pour un Ncomp, la structure sans déterminant [Det Ncomp de N objet] est possible.

Elle a une fonction de dénomination spécificatrice, indiquant non seulement  que la composante est individualisée, mais qu’elle se définit comme une catégorie d’entité : une aiguille de montre ; un manche de pioche ; un pied de chaise.

Pour un NLI, une telle fonction est très rare, ou  si cette possibilité existe, cela signifie que, dans cet emploi, le nom désigne moins une zone de localisation sur l’objet qu’une relation métonymique : un fond d’artichaut ; un dessus de cheminée.

Voici quelques exemples, ayant la structure Det N1 de Det N2 où N1 = N objet et que nous avons trouvés dans la nouvelle Orlamonde de J. M. G. Le Clézio :

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« Quand elle (Annah) arrivait en haut du mur, et qu’elle sentait sous ses doigts le bord de la fenêtre, c’était si bien ! Elle avait aussi vu les grandes machines jaunes arrêtées sur le bord de la grand-route. Pierre allait jusqu’au bas de la falaise, devant la mer et il s’installait dans les rochers, parmi les ajoncs, pour faire le guet. » (Le Clézio, 1982 : 210/216).

Les NLI  et les Prépositions

Le NLI forme avec le Nsite un syntagme prépositionnel SP [Prép. NLI de N]. À l’intérieur de cette structure prépositionnelle, des formulations différentes concernent la nature de la préposition et la présence/absence d’un déterminant Dt dans le syntagme nominal complément. Les formes les plus fréquentes de syntagmes prépositionnelles que l’on peut trouver dans les nouvelles de Le Clézio sont :

– à  LE NLI : à l’extrémité de, à l’intérieur de (bas, haut, coin, avant, arrière etc.) ;

– sur LE NLI : sur le bord de (bas, haut, fond, côté, rebord, pointe) ;

– en NLI : en haut de (tête, haut, bordure, bout, marge etc.) ;

– dans LE  NLI : dans le fond de (angle, coin, bout, marge etc.) ;

– à NL : à mi-hauteur de (moitié, mi-hauteur).

« Annah est assise dans l’embrasure de la haute fenêtre et malgré la brûlure du soleil d’hiver elle tremble et ses dents se heurtent nerveusement. » (Le Clézio : 214).

Concernant la nature des référents désignés par le N obj., on peut affirmer que :

certains NLI s’associent à des noms objets (N obj.) se référant à n’importe quel objet physique de nature solide. Milieu, centre, extrémité correspondent à n’importe quel référent uni- bi- ou tri- dimensionnel. Ex. : le milieu d’une ligne ;  le milieu d’un champ ;  le milieu de la ville.

 « Elle regardait le ciel bleu, la mer couverte d’étincelles, elle sentait la chaleur du soleil qui entrait jusqu’au centre de son corps. Il était au centre du ciel blanc, et sous lui tournaient les bêtes dans un nuage de poussière. » (Le Clézio, Les bergers : 211/269).

Le référent du N obj est uni- bi-, tri -dimensionnel : le bord de la plage ; le rebord de la fenêtre ; le côté du cube.  

« Annah est couchée sur le rebord de la fenêtre, elle pleure en attendant le coup qui va détruire la maison qu’elle aimait. Annah est assise sur l’embrasure de la grande fenêtre en ogive. » (Le Clézio, Orlamonde : 207).

Ces référents du N obj sont disposés dans un plan vertical, ou horizontal : le bord de la bouteille ; le pied de la tour ; le bas de l’écran etc.

– il y a des NLI qui ne peuvent s’utiliser que pour des zones localisables sur des objets bien particuliers : la lisière d’un champ, d’un bois ; la crête d’un mur, d’un toit, d’une montagne etc.

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La sémantique de toutes ces unités lexicales comporte nécessairement certains types de traits spatiaux puisqu’elles réfèrent à des unités matérielles dotées d’une forme. Il s’agit de :

Traits de direction spatiale

Tous les objets à deux ou trois dimensions étant nécessairement soumis à la force de gravité, leur situation dans l’espace se définit tout d’abord sur le double plan : vertical et horizontal.

Pour les parties, le repérage doit se faire, lui aussi, en fonction de ces deux plans directionnels, orthogonaux : le plan vertical avec ses pôles positifs et négatifs « haut et bas » et le plan horizontal avec la surface de la terre, support par excellence des objets, notamment des êtres humains. Ainsi, peut-on constater que certaines zones désignées par des NLI comportent des traits de direction spatiale : haut, bas, sommet, pied, faîte, fond etc., de même s’il s’agit des adjectifs : supérieur, inférieur, élevé, culminant (point), haut, bas etc. : le haut de l’immeuble ; le sommet de la chaîne des montagnes ; la partie supérieure de l’immeuble ; le point culminant de la chaîne etc.

« Pierre allait jusqu’au bas de la falaise. Tous les jours, après l’école, il courait le long de la mer. Annah attend dans sa maison au sommet de la muraille. Ensemble, ils marchent vers le haut de la falaise, là où la camionnette bleue de la police attend sur la grand-route. » (Orlamonde, 211/217).

L’orientation frontale (l’avant-l’arrière) peut être un trait naturel, inhérent à l’objet. Cela caractérise les êtres animés, êtres humains et animaux, les objets naturels mobiles, les objets construits servant au déplacement. Chez les êtres animés, l’orientation du corps ou de ses parties constitutives est donnée par la position  des organes de la perception (vision, odorat) de la nutrition et de la communication ainsi que par la direction du déplacement.

Pour les inanimés, seule compte la direction du déplacement : l’arrière de la voiture, mais l’arrière de la tête ; la partie antérieure du corps ; l’avant du tableau ; le front de l’avalanche.

« Alors elle est revenue à l’arrière de la fenêtre, guidée par la musique du vent. » (Le Clézio, Orlamonde : 212).

Beaucoup d’objets se trouvent affectés d’une orientation frontale intrinsèque, sur la base d’une analogie de forme avec les êtres humains ou les animaux et / ou  d’une analogie de fonction avec leurs organes et sur la base de leur usage. C’est ainsi qu’une orientation  frontale est affectée à des objets aussi  différents qu’une maison, un siège, un vêtement, une armoire, une pendule, une photo, une enveloppe, un timbre, un téléviseur etc. Ex. : le devant d’une chemise ; le dos d’une enveloppe ; l’arrière d’une armoire etc.

L’orientation contextuelle. Beaucoup d’objets n’ont pas d’orientation frontale ou latérale, en dehors du contexte énonciatif particulier. Le point de Text Box: 6
référence est fourni implicitement ou explicitement, par la position de celui qui parle, l’énonciateur, qui détermine alors ce que l’on appelle une orientation déictique ou égocentrique… Nous avons affaire dans ce cas à l’espace du locuteur comme point de référence et par rapport auquel est situé le NLI (le fond de l’alcôve).

« Le soleil avançait devant elle, sa lumière éclairait le fond de l’alcôve. » (Orlamonde : 210).

Les points cardinaux. Il ne faut pas oublier que les NLI fournissent une orientation spatiale par référence à la position et au mouvement du globe terrestre à la direction des deux pôles et au sens du mouvement de la Terre. Les différentes orientations que donnent les points cardinaux peuvent être rapportées  par chacun de nous, quelle que soit notre position sur le globe, à tout ce que nous considérons des  données et des phénomènes géographiques : l’ouest de la France ; le nord de la colline ; l’est du pays.

On utilise des NLI pour effectuer  des découpages spatiaux  sur des lieux construits ou aménagés tels que les bâtiments, les monuments, les jardins, combinés ou non avec des adjectifs : Le versant nord de la chaîne est enneigé. Le mur nord de l’église tombe en ruine.

« Ils descendaient vers la partie est de la valléeA l’est, la plaine était dominée par une falaise  blanche qui étendait son ombre noire ». (Le Clézio, Les bergers : 271).

Les traits de délimitation et de forme

 Dans la vision d’ensemble que l’on a des objets il faut aussi tenir compte  des traits se rapportant à leur forme  et à leur configuration.

1. On fait la distinction  périphérie-centre. Il y a d’une part les limites physiques de l’objet, zones de discontinuité spatiale qui lui donnent  son contour, sa silhouette, sa forme de tracé dans l’espace : périphérie, rebord, pourtour, bout, extrémité, bord, frontière, axe pour les objets bi- ou tri- dimensionnels, et d’autre part, la partie centrale, correspondant à la zone la plus éloignée de ces limites : centre, milieu, cœur etc.

Par contre, les termes désignant des zones repérables entre ces deux  contraires sont assez rares et se manifestent surtout sous forme adjectivale : zone moyenne, intermédiaire, médiane etc.

« Peut-être que plus loin, quand on avait franchi un mur de pierres sèches, on trouvait une autre vallée, pareille à Genna, l’oeil de l’eau brillant au milieu d’un champ d’herbes. » (Le Clézio, Les bergers : 322).

2. Les zones intérieur/ extérieur caractérisent des parties d’objets solides. Pour un objet creux, par exemple, l’intérieur désigne soit la surface interne, la paroi interne de l’objet, soit la portion d’espace vide et délimitée par cette limite Text Box: 7
interne. Ex. : L’intérieur de la cave est enflammé. La partie intérieure de la veste est en soie. L’intérieur de la maison est en brique. L’intérieur de la voiture est spacieux. Donc, pour un objet plein, les zones exprimées par le NLI (l’intérieur) ou par l’adjectif ALI (interne, intérieure) renvoient à une zone non accessible et non visible, par opposition à sa partie extérieure ou externe qui lui donne son aspect, sa texture, sa couleur etc. : L’intérieur du fruit est pourri. L’intérieur du matelas est en mousse.

« Alors elle se glissait à l’intérieur de l’ouverture, et elle appuyait son dos, contre la colonne de pierre, les jambes repliées en tailleur. » (Le Clézio, Orlamonde : 209).

3. Les NLI désignent aussi les zones saillantes qui désignent les contours de l’objet. Certaines zones  sont plus apparentes ou sont perçues comme plus saillantes que d’autres. Elles sont mises en relief  par des contours de lignes brisées telles que : angle, coin, arrête, pointe etc., ou par des lignes convexes-concaves : arrondi, courbe, creux, renflement etc. Ex. : le coin de la table ; l’angle de la pièce ; le creux de la main etc.

L’indication de la forme peut s’ajouter  au repérage de la zone spatiale sur l’objet. La précision sur la saillance des contours que fournissent des NLI comme : angle, coin, point etc. présuppose qu’il s’agit de zones limitées sur l’objet : bord, pourtour, périphérie etc.

La zone à laquelle  renvoie « coin » est mieux circonscrite que celle décrite par « bord » comme dans les exemples : Le coin de la page est tourné. Le bord de la page est déchiré. 

Les NLI et les Noms de composantes fonctionnnelles-N comp

Parmi les relations partie/tout  que nous avons proposées, la relation composante fonctionnelle/objet (la première que nous avons mentionnée) est généralement considérée la plus représentative. Cette relation « d’appartenance » ou « d’inclusion » s’établit entre un objet  concret matériel pris dans sa totalité et les parties qui le constituent. Sur le plan linguistique, la relation  correspondante N comp/N objet est généralement considérée comme prototypique de la relation de méronymie (cf. Tamba Mecz, I. 1994 : 64/85). Ex. : Ce fauteuil a des roulettes. Mon couteau a une lame. Cet escalier a une rampe. Ces constructions  ne sont pas des noms de localisations internes, NLI car ils ne localisent pas des portions, des  zones d’espace.

La construction génitive [SN1 de SN2] est tout aussi caractéristique de la construction des NLI que de celle des N comp (noms de composante fonctionnelle).

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Par conséquent, qu’il s’agisse d’un N comp ou d’un NLI, les déterminants de N1 peuvent être définis ou indéfinis, en fonction des contraintes pragmatiques qui pèsent sur le référent. Il faut savoir, dans ce cas si l’objet est susceptible d’avoir un ou plusieurs composants ou zones de localisation: une manche de la chemise ; le cadran de la pendule ; des racines de l’arbre ; un coin de la table ; les flancs de la montagne.

En ce qui concerne la détermination de N objet dans SN2 les choses sont différentes. Pour un N comp (nom de composante fonctionnelle) la structure sans déterminant [Det N comp de N obj] est possible. Elle indique non seulement que la composante est individualisée mais qu’elle se définit comme une catégorie d’entité : un pied  de chaise ; une aiguille de montre ; un manche de   pioche etc. On peut comparer : c’est une aiguille de montre à : c’est une aiguille de la montre et on remarque que dans ce dernier emploi, le nom désigne moins une zone de localisation sur l’objet qu’une composante métonymique située à ce même endroit. Par exemple : haut, bas, fond, devant, dessus, rapportés à  certains objets désignent une composante : un fond d’artichaut ; un bas de survêtement.

Parfois, il y a des reprises anaphoriques dans la phrase : la voiture de Paul/sa voiture etc.

La nature sémantique des NLI.  Les NLI fonctionnent donc comme des noms de lieu. Pour approfondir les concepts qui décrivent notre perception de la réalité spatiale on peut mentionner trois catégories de référents spatiaux : les objets matériels, les lieux et les portions d’espace.

En ce qui concerne les lieux géographiques naturels on peut citer: montagnes, vallées, mers, rivières, etc. ou les lieux construits : pays, routes, villes, rues, bâtiments etc.

Ces Noms sont perçus en même temps comme des entités matérielles et qui découpent des surfaces ou des volumes  matériels, susceptibles d’être le support d’objets.

Leur propriété est d’avoir une position fixe, spécifiable dans un cadre de référence donné. Connaissant un objet, sa forme, sa configuration, on sait situer les parties auxquelles les différents NLI renvoient (C. Vandeloise, 1988 : 134-135). Quand on les utilise comme repère spatial, on leur associe souvent des portions d’espace. Lorsqu’on les utilise en relation  avec un N dénotant un humain ou un animal, ils désignent effectivement une partie constitutive du corps et fonctionnent comme noms de partie : aile, cœur, flanc, front, tête, dos, pied etc. Ex.: la tête d’un chien ; les ailes d’un oiseau ; la queue d’un écureuil.

En fait, il y a des entités qui se comportent à la fois comme des objets ou comme des lieux, pour lesquelles il faut envisager une catégorie mixte : lieux construits, bâtiments, habitations etc.

Donc, sur le plan syntaxique et sémantique les NLI manifestent des propriétés qui nous permettent de les assimiler à des noms parties d’objet ou N comp (de composante fonctionnelle) comme nous les avons appelés. Dans les exemples Text Box: 9
suivants : le toit d’une maison ; le coffre d’une voiture ; l’arrière d’une voiture etc., il n’y a pas de grande différence à nommer une partie constituante d’un objet (N comp) ou une zone spatiale sur l’objet (NLI).

On peut comprendre que le statut d’un nom de localisation interne NLI, dans certains cas, ne soit pas très différent de celui d’un nom de partie d’objet (N part) car en désignant des zones de localisation sur un objet, on opère également des partitions qui découpent et organisent d’une certaine manière l’objet dans l’espace. Dans certains contextes, un NLI peut très bien être remplacé par un N partie ou N comp sans que cette substitution ne modifie réellement l’interprétation que l’on peut faire de la phrase.

 

SUBSTANTIVELE  DE LOCALIZARE INTERNA NLI SI RELATIA PARTE-ÎNTREG

 

Rezumat

O categorie deosebita de substantive si adjective numite de localizare interna, NLI, este folosita în descrierea configuratiei spatiale a entitatilor fizice. Portiunea de spatiu pe care o ocupa o entitate poate fi decupata în zone, diferentiate pe baza relatiilor spatiale care le organizeaza pe unele în raport cu altele, în functie de trasaturile lor specifice: dimensiune, orientare, forma, pozitie relativa. Anumite substantive sunt deci NLI, adica termeni generici care desemneaza intr-o maniera relativ vaga, zone, portiuni de spatiu, de obiecte sau de locuri. O serie de substantive desemneaza parti functionale ale obiectelor (N comp = Noms de composante fonctionnelle) pentru care localizarea poate fi o caracteristica distinctiva, asa cum pot fi în alte cazuri, forma, marimea, materia etc. În consecinta, statutul unui NLI nu poate fi foarte diferit de acela al unui nume parte de obiect, pentru ca, marcând zone de localizare pe un obiect, se opereaza de fapt decuparea unor parti, care, desi nefunctionale, organizeaza obiectele în spatiu.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

1.   AURNAGUE, MICHEL, 1996-2, « Les noms de localisation interne : tentative de caractérisation sémantique à partir de données du basque et du français », Cahiers de lexicologie, 69 : 159-192, Didier Érudition, Paris,

2.   BOONS, J. P., 1987, « La notion sémantique de déplacement dans une classification syntaxique des verbes locatifs », Langue française, no 76, Larousse, Paris.

3.   BORILLO, ANDRÉE, 1988, « Le lexique de l’espace : les noms et les adjectifs de localisation interne », Cahiers de grammaire, 13 : 1-22, Toulouse.

4.   BORILLO, ANDREE, 1993, « Préposition de lieu et anaphore », Langages 110, Larousse, Paris.

5.   DAVID, J., et KLEIBER, G., 1986, Déterminants : syntaxe et sémantique. Actes et Colloque de Metz, 1984, Klincksieck, Paris.

6.   DERVILLEZ-BASTUJI, JACQUELINE, 1982, Structures des relations spatiales dans quelques langues naturelles. Introduction à une théorie sémantique, Éditions Droz, Genève.

7.   FISHER, SOPHIE, FRANCKEL, J. J., 1983, Linguistique, énonciation.  Aspects et détermination, École des Hautes Études en Sciences Sociales.  

Text Box: 10

8.   FLAUX, NELLY, et VAN DE VELDE, DANIELE, 2000, Les Noms en français : esquisse de classement, Ophrys, Paris.

9.   HADERMANN, PASCALE, VAN SLŸCKE, ANN, BERRÉ, MICHEL, 2003, La syntaxe raisonnée. Mélanges de linguistique générale et française offerts à Annie Boone, à l’occasion de son 60e anniversaire, De Boeck, Duculot, Bruxelles.

10.        KLEIBER, GEORGES, LACA, BRENDA, TASMOWSKI, LILIANE, 2001, « Indéfinis : lecture existentielle et lecture partitive », Typologie des groupes nominaux, Presses Universitaires de Rennes.

11.        KLEIBER, GEORGES, 1999, « Anaphore associative et relation partie-tout : condition d’aliénation et principe de congruence ontologique », Langue française, no 122.

12.        LAUR, DANY, 1993, « La relation entre le verbe et la préposition dans la sémantique du déplacement », Langages, 110 : 47-67, Larousse, Paris.

13.        HERSLUND, MICHAEL, 2003, « Article et pronom. Réflexions sur le syntagme nominal », in HADERMANN, PASCALE, VAN SLŸCKE, ANN, BERRÉ, MICHEL, La syntaxe raisonnée. Mélanges de linguistique générale et française offerts à Annie Boone, à l’occasion de son 60e anniversaire, De Boeck, Duculot, Bruxelles.

14.        SPANG-HANSSEN, E., 1993, « De la structure des syntagmes à celle de l’espace », Langages, 110 : 4-12.

15.        VANDELOISE, CLAUDE, 1986, L’espace en français : sémantique des prépositions spatiales, Éditions du Seuil, Paris.

16.        VANDELOISE, C., 1988, « Les usages spatiaux statiques de la préposition à », Cahiers de lexicologie, 53(2).

17.        TAMBA MECZ, IRÈNE, 1981, Le sens figuré, P.U.F., Paris.

18.        TAMBA MECZ, IRÈNE, 1994, « Un puzzle  sémantique : le couplage des relations de tout à parties et de parties à tout », Le gré des langues, 64-85, cité par BORILLO, ANDRÉE, 1999, « Partition et localisation spatiale : les noms de localisation interne », Langages, 136 : 62.

19.        *** Langue française, no 72, 1986 (« Déterminants et détermination »).

20.        *** Langue française, no 116, 1997 (« Indéfinis et référence »).

 

TEXTES DE RÉFÉRENCES

1.   J. M. G., LE CLEZIO, 1982, « Orlamonde », La ronde et autre faits divers, Gallimard, Paris.

2.   J. M. G., LE CLEZIO, 1978, « Les bergers », Mondo et autres histoires, Paris, Gallimard, col. Folio, no 1365.


*   Universitatea  Crestina  Dimitrie Cantemir Bucuresti.

[1]   Entité : recouvre l’ensemble des entités concrètes- êtres vivants, plantes, objets construits, lieux, et des entités non concrètes : les états, les processus, etc.

[2]   Objet : sera pris dans le sens de chose, entité concrète, toute chose matérielle qui affecte la vue. Cette notion comprend aussi les objets proprement dits ou « objets matériels », mais aussi  les êtres humains et les animaux, les lieux naturels et construits. Les liquides sont pris en compte seulement s’ils présentent des délimitations et des formes  pour être considérés des lieux ou des objets comptables : fleuve, étang, mer, etc.

 

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